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Considérée comme une institution protectrice en maternelle et en élémentaire, l’école devient au contraire une source de stress pour les élèves à partir du second degré


Largement jugée protectrice en maternelle, le statut bénéfique de l’école auprès des jeunes semble s’étioler au fil de la scolarité, selon les enseignants. Au second degré, l’école devient même largement plus stressante que protectrice, et cette évolution est corrélée avec la montée de la pression académique, de la surcharge et, plus globalement, de la compétition scolaire. Cela vient questionner le schéma actuel de l’école française dans lequel, au fil de la scolarité, l’école devient lieu de sélection et de compétition plutôt que d’apprentissage et d’épanouissement.

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“La pression des évaluations me pèse. Il y a des périodes où les élèves ont plusieurs contrôles dans la même semaine. Je les vois stressés, focalisés sur la note plus que sur la compréhension. À certains moments, j’ai eu le sentiment qu’ils venaient en classe davantage pour être évalués que pour apprendre. Cela crée une atmosphère tendue et je trouve cela émotionnellement lourd, car ma vision du métier est d’accompagner, pas de mettre en permanence à l’épreuve.” Enseignante de S.V.T en collège depuis 4 ans.

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Lorsqu’on demande aux enseignantes et enseignants ce qui constitue souvent ou très souvent une source de stress pour leurs élèves, la différence entre le premier et le second degré devient flagrante. Par exemple, seulement 20% des enseignants du premier degré considèrent les devoirs et les évaluations comme des sources de stress importantes pour leurs élèves, contre 61% chez leurs collègues du second degré.

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Relationnel et bonne entente entre profs et élèves : si ces facteurs semblent primordiaux au premier degré, ils disparaissent ensuite au profit de la pression académique et de relations plus conflictuelles


Alors que les effets protecteurs du relationnel et des pratiques pédagogiques des enseignants figurent dans les trois premiers effets les plus importants de l’école pour les enseignants de maternelle et de primaire, ils laissent la place à des effets stressants au collège et au lycée. Effet de la pression académique, de la surcharge scolaire ou encore de relations conflictuelles avec les adultes de l’établissement ou les autres élèves, l’écosystème scolaire au second degré semble dominé par des enjeux de sélection et de performance au détriment d’un climat humain et bienveillant qui pourrait favoriser le bien-être des élèves.

Top 3 des effets les plus importants de l’école sur les élèves, selon les enseignants.

Maternelle Élémentaire Collège Lycée
🥇 Effet protecteur des relations avec les adultes de l'école Effet stressant de la pression académique Effet stressant de la pression académique Effet stressant de la pression académique
🥈 Effet protecteur du climat de l'école Effet protecteur des postures et pratiques des enseignant(e)s Effet stressant des relations conflictuelles Effet stressant de la surcharge
🥉 Effet stressant de la socialisation avec les autres enfants Effet stressant de la surcharge Effet stressant de la surcharge Effet stressant des relations conflictuelles

Les difficultés à gérer ses émotions et résoudre les conflits semblent constituer une autre source de stress majeure chez les élèves, selon leurs enseignants. En effet, plus de 75% d’entre eux jugent que les difficultés des élèves à gérer leurs émotions et résoudre leurs conflits constituent très régulièrement une source de stress pour eux.

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Remettre le relationnel au cœur de la scolarité dans le second degré semble donc un enjeu important pour favoriser le bien-être des élèves et des enseignants. Pour ce faire, travailler sur les compétences sociales et émotionnelles des élèves mais aussi des enseignants reste un levier primordial. Or, ces derniers expriment justement un manque de temps pour le relationnel, pourtant essentiel à l’équilibre des élèves.

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Courir toujours après le temps (gestion direction et classe, sans temps de décharge suffisant), ne pas avoir le temps d'écouter/d'aider suffisamment chaque enfant selon ses besoins. […] Les enfants expriment de plus en plus un mal-être que nous devons gérer au quotidien : manque de sommeil, problèmes familiaux, surexposition aux écrans, réseaux sociaux ... qui engendrent problèmes de langage, d'attention, irritabilité, gestion des émotions, difficultés relationnelles... Les temps de gestion de classe prennent de plus en plus de temps, avec souvent des problèmes à gérer qui prennent racine en dehors de l'école mais qui se répercutent à l'intérieur de l'école, entre élèves.” Enseignante en élémentaire depuis 28 ans.

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Pourtant, lorsqu’on leur demande quelles devraient être les priorités des pouvoirs publics pour améliorer la santé mentale à l’école, la moitié des enseignants réclament d’être formés aux CPS (compétences psycho-sociales). Ils sont également près de 90% à vouloir profiter de la baisse démographique pour diminuer le nombre d'élèves par classe et donner plus de temps aux équipes pour mieux accompagner les élèves. De même, plus de 65% des enseignants réclament un investissement dans une médecine scolaire de qualité afin de mieux accompagner les élèves.